Liturgie des temps de fêtes

- 15 - jamais centrés exclusivement sur la repentance: dan s la prédication, les fidèles sont invités à con templer le Christ qui entraîne les siens au combat. En second lieu, la place de la con fession des péchés au début du serv ic e, chaque dimanche mati n, et tr ès spéc ialement du rant le Carême, es t comme un rapp el de notre bap tême, et donc de la grâce bap tismale que nous avons à accueillir tout à nouveau. La grâce est toujour s prévenante; c'est par ce que nou s en vivons que nou s pouvon s confesser nos péchés. Nou s nou s présentons devan t Dieu en tant que baptisés (ou candidats au baptême ) et en communion avec toute la communauté des baptisés. C'e st ce qui justifie la place de la con fession des péchés au début du culte, très spécialemen t dans le temps du Carême. Le culte n'est pas une démar che psych ologique, mai s sotériologique. «Repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche (Mt 3/2; 4/17). La série A des introd uctions psalmiques des services du diman che mat in correspond à la tradition occidentale (romaine et luthérienne). La série B suggère, pour varier, un autre choix: des ext raits des psaumes pénitentiaux. Dans la situation actuelle de nos communautés paro issiales, les fid èles ne prennent conscience du début du Carême que le matin du premie r dimanche. Ne conviend rait -il pas de remédier à ce t ét at de choses en cél éb ran t le so ir du me rcr ed i qui pré cè de — le tr ad it io nnel Mer cr ed i des ce ndre s — so it un si mp le service d'ouvertu re du Carême, soit un service pén itentiel qui serait un véritable appel à la repent anc e et à la réconciliation? Le s services proposés pour ce jour par la «L iturgie des temp s de fê te» sont des ex emp le s qu e l' on peu t ad ap te r au x ci rc onst an ce s par ti cu li èr es de la communau té lo ca le . L' ex pér ie nce mont re le tr ès gr an d béné fi ce sp ir it ue l qu e ce ll e -ci pe ut re ti re r de la cé lé br at io n d' un te l se rv ic e, po ur tout le Ca rême qu i commen ce . El le do it cepe nd an t y êt re pr ép ar ée so igne us emen t, dè s le di manc he pr éc édent. APPARITION TARDIVE DE NOUVELLES FÊTES: NOËL ET L'ÉPIPHANIE Le chr éti en d'aujourd'hui a de la pei ne à imaginer que l'Église des origines ne connai ssait pas de fête de Νο ë l. Or , te l ét ai t bi en le cas. Ce n' es t qu e rela ti vement ta rd qu e l' Ég li se s'es t enga gé e da ns la vo ie d'une célébration de la nativit é du Sei gneur. Ell e y fut amenée davant age par les cir con stances que par une réflexion délibérée. Ni Noël, ni l'Épiphanie , toute proch e dan s le cal end rier et si semblabl e par sa signification, ne font partie de la plus ancienne tradition. Cette apparition de fêtes non rattachées au cycle pascal est un phénomèn e curieux, amb igu et contestable: la foi chrétienne a été si fonci èrement pascale pendant les tro is premiers siècles qu'il est permis de s'étonner qu'elle ait suscité soudain, à côt é du cycle pascal — autour duquel gravitait non seulement toute s a vie propre, mais aussi toute l’ initiation des catéchumènes — un autre cycle festif qui n'allait pas tarder à deveni r, à certai ns égards, concur rent de celui de Pâques. Le cycle festi f de Pâques exp rime la foi chr éti enn e d'une manière pléni ère, donc suffi san te. L'Égli se est né e du myst èr e pa sc al , de la ré su rr ec ti on du Ch ri st . To ut es t di t, tout es t ac comp li da ns le my st èr e pas ca l. C' es t pou rq uo i l' Ég li se ne co nn ai t qu 'une se ul e fê te , le Trid uum de la Pâque, et la se ul e cr éa ti on liturgique concevable, aux origines, est son prolongement et sa préparation. Le s dimanches eux-mêmes sont un mémo ri al he bd omad ai re de la ré su rr ec ti on . Ains i, le my st èr e pa sc al es t pa rt ou t, il es t un ique , il domine toute la vie de l'Église. Cela est si vrai que même au moment où elle se met à créer de nouvelles fê tes, celles de Noël et de l'Épiphanie, l'Égli se ne se sent ma nife stement pas le droit de les fi xer un dima nch e, jo ur qui es t pourt an t, par exc el le nce , jo ur de cu lt e. .. Ma is le se nti me nt de la ré cu rre nce heb domad ai re de Pâque s, le pr emie r jo ur de la semain e, es t si fo rt qu e même un e fête de la na ti vi t é du Se ig neur ne peut l'évincer. Si l'hi stoi re du cycl e de Pâqu es est cell e, tr ès claire , d'un «épa noui ssemen t vital à pa rtir de Pâqu es (H. Jenny) , l'h ist oire du cycle de Noël et de l'Épiphanie, ell e, est infiniment compliquée, difficile à élucider, le résultat d'i nfluen ces multip les et con tradictoires, sur lesquell es cent ans d'études savant es n'ont pas encore fait toute la lumière. Dom Odo Casel, o.s.b., le grand liturgiste allemand, a démontré clairement que le cycle de Noël avec se s fê te s de la Na ti vi té et de l' Ép ipha ni e, n' a pu su rg ir qu e da ns le s cond it ions qu i fu re nt ce ll es du IV e siècle. Pendant trois siècles, l'Église avait vécu sa foi comme un mystère jalousement gardé, interdi- Les introïts Le Me rcredi des cendres Trois siècles de vi e pa sc al e L'Eglise au IV e si èc le

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