Liturgie des temps de fêtes

- 14 - pe lle l e temps ο ù le peup le ju if ap er çu t la gl oi re de Di eu su r le Mont Si na ï et re çu t la Lo i di vi ne : l'Église, nouvel Israël, contemp le mai ntenant la gloire du Christ transfiguré sur le Mont Thabor, gage de l'allian ce nouvelle et de la résurrection future; ell e ent end la voi x du Pèr e qui dés igne le Fils comme annonciateur de la Loi nouvelle: «Écoutez- le!» Enfin , en accompagnant les catéchumèn es et en se pr éparant avec eux au myst ère pascal, l'Ég lise médi te sur la Samar it aine aspi rant â l'eau vi ve (troisième dimanche), sur l' Aveugle-né recevant la lumière (quatrième dimanche), sur Lazare revenant à la vie (cinquième dimanche). D'autres thème s donnent la même note: la mul tip lication des pai ns, les par oles du Chris t sur le pai n de vie (quat rième dimanche ), la parabole du fil s retrouvé (tr oisième diman che) et la femme ad ultè re (qua tr ième dimanche ). «Jés us -Ch ri st a pa ru pour dé tr ui re le s œuv re s du di able» (1 Jn 3/ 8) . C' est un Évangile de combat et de vi ctoi re qui retent it au cour s du Carême. L'appel à la pénitence est le fait d'une armée qui s'efforce de se met tre en état de men er ce combat. Le Carême est un temps de grâce, selon l'invitation pau linienne: « Nous vous exhortons à ne pas avoir reçu la grâce de Dieu en vain... Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut! » (2 Co 6/1 ss). D'une étude, si brève soit-elle, du Carême aux origines, ressortent pour l'Église d'aujourd'hui trois aspects essentiels: 1) Le Carême est une retraite paroissiale en vue de la sancti fication renouvelée de s fidèles et de toute la commu nauté. 2) Le Carême est une prise en charge des cat éch umènes par la comm unauté des fidèles en vue de leur acheminement vers Pâques. 3) Le Carême est le temps où l'Église se met en devoir de rechercher ceux qui se sont coupés du Seigneur et de sa grâce, afin de les ramener aux sources du salut. Des liturgies pour le Carême paroissial aujourd'hui Tout ce qui vient d'être dit montre à quel point le Carême, parce qu'il est lié à l'initiation chrétienne, au renouvellemen t de la grâce baptismal e et à la discipline du combat chrétien, est un temps fort de la prédication. Une grande attention doit être accordée aux péricopes traditionnelles. On ne devrait pas s'en affranchir sans de bonnes raisons ni sans avoir prêché sur ces textes importants pendant un certain Importance nombre d'années. Les trois «années» proposées donnent déjà neuf années de prédication, si l'on de la pr édic ation s'astr eint à pr êche r à tour de rôle sur chacun e de s pé ricope s de l' Ancien Testamen t, de l'Ép ître et de l'Évangile. Le prédi cateur qui fait cet exercice sera émerveillé de découvrir la profondeu r spi rituelle qui a présidé, dans la tradition de l'Églis e, au cho ix de ces lectures. Le tableau proposé est un agencement des lectures les plus importantes qui se trouvent dans les diverses traditions de lectionnaires. Puisque le Carême est un temps de grâce, il est aussi un temps de repentance. C'est pourquoi l'acte de repen tance, au début du culte paroissial du dimanche matin, doit être mis en évi den ce. La «Liturgie des temps de fête » pr op os e donc deux séri es de co nf es si on s de s pê ch és . La sé ri e A re pr end le s text es reformés traditionnels. Leu r vigueur apparaît, lorsqu'on ne les prie pas d'un seu l trait, mai s qu'on les entrecoupe de répons chantés par l'assemblée: ces prières très denses retrouven t ainsi toute leur f orce expressive. On remarquera aussi de quelle manière elles sont liées à l'absolution, avec laquelle elles forment un tout: l'assemblée ne chante l'Amen que tout à la fin, après l'absolution; un momen t de prière silencieus e entre le tro isième répons et l' absol ution prend toute son importan ce. La série B des con fessio ns est d'un type très di ffér ent: le s énoncés y sont plus ramass és , le mouvement de la pr iè re pl us rapide. A l'exception de la prière donnée au quatrième dimanche du Carême (sur les béatit udes, tirée de la liturgie de l'ÉRF), ces textes sont des prières - canevas: le ministre peut les aménager selon les besoins, retranchant, ajoutant, actualisant les requêtes , selon la situation particulière de la communauté. Gabarits fournissant une structure tout en laissant des possibilités d'adaptation, ces prières répondent à un besoin de style direct qui est quelquefois nécessair e. On remarque d'ail leurs qu'on ne peu t pas toujours prier ainsi: ce que la prière gagne en style direct, elle le perd en densité et en plénitude d'expression. Les deux manières se complètent donc et sont toutes deux nécessaires. On a dit quelquefois que la confession des péchés, parce qu'elle est le fruit de la grâce, devrait avoir sa place apr ès la prédi cat ion qui est la procl amation de la grâce. C'est certa inement juste dans un service entièrement centré sur la repentance, comme nous le trouvons dans la liturgie pénitentie lle du Mercredi des cendres. Mai s l'application de ce principe aux cultes paroissiaux du dimanche matin nous paraî trait procéder d'un schématisme par trop formaliste. Tout d'abord, les services du dimanche matin ne sont Les trois aspects du Carême Un temps «baptisma l» Confession des péchés

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3MzQ=