Liturgie des temps de fêtes
- 12 - sembl abl es réserves. Il s'y est acclimaté, soit par une connaiss anc e mieux fondée de l'hi sto ire, soit par une redé couverte de s. véritable po rtée spirituelle, soit encore, tout simplement, par l'utilis ation dans nos par oisses et, surtout dan s les milieux de la jeunesse, des offic es d'Eglise et Liturgie» et de Tai zé. En lui -même, il fau t en convenir, le terme de «Carême» n'est pas ent hou siasmant. Pou rtant, son origine est trè s simpl e et n'a en soi aucune col oration con fes sionnelle: « Carême », dér ivé du latin « quadr agesima», signi fie simpl ement que le temps de prépa ration â Pâques dure quarant e jours, par opposit ion à la «quinquagesima», terme utili sé quelquefois pour dés ign er en lat in ce qu'on app elait en grec la « pentécosté»: le temps pascal qui dure cinquante jours. Pour remplacer le terme de «Ca rême», on pourrait, à la manièr e de la communaut é de Sai nt-Loup (vo ir «Prière de midi »), par ler du « temps de prépa ration aux fêtes pascales ». Les catholiques de langue allemande ont choisi les termes très voisins de «österliche Busszei t» pour rempl ace r « Fas ten zei t». Par sou ci de simpl ici té, on se voi t obligé de garder la désigna-don traditionnelle de «Carême». Pour redécouvrir la portée spirituelle du Carême dans l'Église d'aujourd'hui, il est nécessaire d'en étudier brièvement l'histoire. Nous avons rappelé plus haut que la célébration de la «cinquantaine» pascale était l’obse rv ance fondamentale et caractéristique de l'Église ancienne, bien antérieure à l'observance de la Semain e sain te et du Ca rême. «La foi de s ch ré ti en s, c'es t la ré su rr ecti on de s mort s» (Ter tu ll ien) . Aussi ne faut -il pas s'étonner que le mystère pascal ait été célébré d'abord en lui -même, ain si que dan s son prolongement et son épanouissement, plutôt que dans sa préparation. Durant les tro is premiers siècles de l'Églis e, on ne trouve pas trace du Carême proprement dit. A la fin du II siècle, on lit, sous la plume de S. Irénée, évêque de Lyon, les remarques suivantes au sujet du jeûne pascal: «Les uns pensaient qu'il fallait jeûner un jour, les autres deux, les autres trois, d' autres enfin donnaient à leur jeûne une durée de quarante heu res » (cité par Eusèb e , Hist. eccl., V, 2). Le jeûne était alo rs un jeûne uni que et ininterrompu. De son côté, Tertullien atteste au début du ΙΙ e siècle que les catholiques se contentaient de jeûner d'un seul trait, te Vendredi et le Samed i saint s, l es jours ou l'Epoux leur étant enlevé, ils doivent jeûner, selon le comma ndeme nt du Seigneur (Lc 3/35, Mc 2/20). Vers le milieu du III e siècle, à Alexandrie, le jeûn e chez les plus fervents, était d'une semaine, mais rares étai ent ceux qui le faisaient d'un trait et sans interruption. Dans certains textes, on fait aussi allu sion â la cout ume ju iv e (men ti on né e da ns Ex. 12 /8 et Dt. 16 /3 ) d'aprè s la qu el le le s Hébre ux, au temps de la Pâque , de va ient se nour ri r pend ant sept jour s du «pain d' affl icti on ». Ma is il ne faut pa s oubl ie r le ca ra ct èr e pa sc al de ce tt e pr ép ar at io n pl us ou mo in s lo ngu e: c' es t pa rc e qu e la co nsc ie nce de fê te r bientôt la résurrection est spéci aleme nt vive, voire dominante, que l'on s'adonne avec tant de zèle au jeûn e! Pas tr ac e encore de jeû ne méri toir e, mais le dé sir ferven t de vi vre Pâqu es comme un e réalit é to ut e ne uve , « déb ar ra ss ée de to ut le va in de ma li ce et de mé ch an ce té », po ur ra it - on di re av ec S. Pau l (1 Co 5/8). C'est un retour aux sources de toute la vie, un re- départ annuel à la fo is pers onnel et commu nautaire. Dans la mes ure où le nombr e des chr éti ens augmentait, le besoin d'une prépa ration plus longue et plus con cer tée se fai sai t sentir. Au début du IV e siècle, certaines Églises ont tro is semaines de préparation, jalonnées d'un jeûne partiel (dès notre quatrième semai ne du Carême) . A la fin de ce même siècle, on tr ouve des Ég li se s qui me tt en t à par t si x sema in es de pén it en ce (d ès no tr e p remi er diman ch e du Carême). Mai s les dimanche s ne pouvant pas êtr e jou rs de jeûne (3 cau se du caractèr e pas cal du jou r du Seigneur), on en vient à délimiter plus exa cteme nt quarante jours: on fixe le début du Carême au mer credi qu i précède le sixième diman che avant Pâ ques; de ce Mercredi de s cend re s au Samedi sain t, on compt e, diman ches except és, exacteme nt quarante jours. Telle est donc la pratique de l'Eglise d'Occident. C'est surtout l'institution du cat échuménat organisé dû à l'aflux des candidats au baptême qui favorise, dès le IV e siè cle, l'établissemen t d'un Carême plus long, mieux str ucturé et lié à l'u ltime préparation des catéchumèn es. En devenant plus nombreuse, l'Eglise réalise â quel point il lui est nécessaire de se ressaisir, elle aussi, avec les catéchumènes qu'elle conduit au baptême . Le Carême devient ainsi une sor te de ret rai te spirituel le annuel le pou r l'Église tou t entièr e. En méditant les récits de l'Exode, du pa ss age de la mer Roug e à l' en tr ée dans la terr e pr omis e, l' Égli se se souv ient qu 'e ll e est le nouv eau peup le de Dieu qu 'à traver s les eaux du baptême le Christ fait passer de la mort à la vie; elle reprend donc sa marche en se purifiant et en se sanctifiant tout à nouveau pour le Seigneur. L'histoire du Carême dans l'Église anci enne Carême et cat échuménat
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3MzQ=